"Des rapports avec la Terre basés exclusivement sur l’utilisation de celle-ci en vue de la croissance économique ne peuvent que mener à la dégradation en même temps qu’à la dépréciation de la vie humaine."

                    René Dubos (Les dieux de l’écologie)

 

 Energies extrêmes (Futuropolis, 2014),une enquête de Sylvain Lapoix, dessinée et mise en couleurs par Daniel Blancou.

Cette BD narre une enquête menée sur 4 années en France et aux Etats-Unis, autour du gaz de schiste.

Le journaliste Sylvain Lapoix et le dessinateur Daniel Blancou y dressent  un état des lieux des nouvelles techniques d’extraction des produits pétroliers, le travail des lobbyistes pour faire plier les politiciens,  les pollutions et multiples conséquences sur la nature et les habitants des régions concernées par les exploitations.

Sylvain Lapoix découvre l'existence des gaz de schiste en 2010. Grâce au documentaire Gasland, il en apprend plus et décide de parcourir les gisements américains et européens, de rencontrer des fermiers, des élus, des ingénieurs qui ont été acteurs ou témoins de cette révolution énergétique – celle des énergies extrêmes – menaçant aujourd'hui les tentatives de sortie du tout-pétrole.

«Une stratégie mondiale où les gaz de schiste ne sont là que pour brûler aux yeux de l'opinion et des décideurs. Juste assez pour entretenir un rideau de fumée légèrement soufré...»

 Cette enquête très documentée, avec de multiples interviews et la recherche de faits et actes, reste très objective.

Les traits nets et précis de Blancou, avec ses couleurs à  "plat", retracent minutieusement les parcours et nombreuses rencontres du journaliste, nous replongeant dans les méandres politiques de 2012 avec JL Borloo puis NKM  comme ministres de l'écologie.

 Le gaz de schiste " pont vers un futur décarboné ", expression qui intégra le discours d’Obama, profita de la crise économique pour être exploité. Mais il se révéla peu rentable car les coûts  étant trop élevés, il fut vendu à perte aux Etats-Unis. Naomi Klein (chercheuse canadienne) a théorisé et appelé cet état "stratégie de choc", qui est la propension à profiter des crises pour imposer un système économique favorable aux multinationales.

« Comment, avec la prise de conscience écologique, producteurs de gaz et de pétrole pouvaient espérer enclencher une contre-révolution énergétique ? »

Les réseaux planétaires d’influence, où la décision politique est soumise à une bataille sans merci entre les tenants du «progrès à tout prix» et les partisans d’un principe de précaution très souvent négligé, se mettent en branle, sourds aux avertissements répétés des opposants. Mais qu’en est-il vraiment de l’intérêt de la collectivité?

Pour en savoir plus : Gasland (documentaire américain)

                                 La bulle verte de  Robert Bell

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